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Don d’organes dans le judaisme. Rav Aron Moss

Le Judaïsme confère à la vie un caractère sacré. Pour cette raison, donner un organe pour sauver une vie est l’un des actes les plus vertueux que l’on puisse accomplir. Mais parfois, justement parce que la vie est sacrée, le don d’organe est problématique.
Parfois, justement parce que la vie est sacrée, le don d’organe est problématiqueLa Loi juive distingue entre le don d’organe de votre vivant et après la mort. Lorsque vous vivez, donner un organe sans lequel vous pouvez vivre – comme un rein, ou des parties qui se reconstituent, comme la moelle osseuse ou le sang – pour sauver ou grandement améliorer la vie d’autrui est l’une des plus grandes choses qu’il vous est donné de faire.
En théorie, il devrait en être de même concernant le don d’organes après la mort. Du fait que sauver des vies l’emporte sur la plupart des autres considérations morales, le faire après notre mort devrait non seulement être permis, mais même obligatoire. Par exemple, bien que la Torah nous ordonne d’être enterrés entiers, ce commandement serait écarté devant celui, plus important, de sauver des vies.
Mais, dans la pratique, donner votre consentement à avoir vos organes retirés après votre mort présente de sérieux problèmes.
Il est défendu d’user d’un cadavre d’une quelconque manière que ce soit si ce n’est pour sauver une vie directement. Or, lorsque vous signez un formulaire de consentement de prélèvement d’organes, il n’est absolument pas certain que tous ces organes seront utilisés pour une transplantation immédiate. Ils peuvent être utilisés pour la recherche, ou stockés, ou même mis au rebut s’ils s’avèrent inutiles. La Loi juive n’autorise le don d’organes que s’il est absolument sûr que ceux-ci seront effectivement employés pour sauver des vies.
À cela s’ajoute un souci beaucoup plus grave encore. Pour être utilisables pour une transplantation, la plupart des organes doivent être prélevés alors que le cœur bat encore. Or la Loi juive stipule que, tant que le cœur bat, la personne est toujours vivante. Le moment de la mort est défini comme celui où le cœur s’arrête. Ainsi, prélever des organes d’un patient atteint de mort cérébrale dont le cœur est encore battant revient à commettre un meurtre.
Bien que le monde médico-légal ait accepté la mort cérébrale comme nouvelle définition de la mort, ce n’est pas le cas de la vaste majorité d’experts de la Loi juive. Altérer la définition de la mort, c’est s’engager sur un chemin qui peut mener à des problèmes éthiques majeurs.
C’est une question de vie ou de mort. Nous devons être guidés par une sagesse supérieure...Imaginez le cas d’un patient X de 89 ans, pratiquement en mort cérébrale, et, d’après les médecins, sûr de mourir à très brève échéance. Dans le lit d’à côté, le patient Y, 35 ans, en besoin urgent d’une greffe de cœur. Pourquoi ne pas prononcer M. X mort dès à présent plutôt que de risquer de perdre les deux patients ? Cela pourrait sembler raisonnable, mais cela revient à supprimer une vie pour en sauver une autre. Pour ceux pour qui la vie est sacrée, c’est inconcevable.
Dans certains pays, l’option est donnée de donner son consentement au prélèvement de ses organes à condition qu’un rabbin soit consulté au préalable, qui s’assurera qu’ils seront retirés après la mort totale et utilisés uniquement pour sauver des vies. Dans les pays où une telle option n’existe pas, nous ne consentons pas aux prélèvements post-mortem de nos organes.
C’est une question de vie ou de mort. Nous devons être guidés par une sagesse supérieure. Je ne voudrais pas avoir à décider ce qui est juste ou mauvais selon mes propres opinions et sentiments subjectifs. D.ieu merci, nous avons la Torah pour nous éclairer dans ces questions cruciales.

http://www.fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/865087/jewish/Don-dorganes.htm

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