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LE JEÛNE DU 9 AV – 13-14 AOÛT 2016

LE JEÛNE DU 9 AV – 13-14 AOÛT 2016 • LOIS ET COUTUMES
JEÛNE DU 9 AV (REPOUSSÉ) SAMEDI SOIR 13 ET DIMANCHE 14 AOUT 2016
DÉBUT : SAMEDI SOIR 13 AOUT À 21H09
FIN : DIMANCHE 14 AOUT À 21H50

LE 9 AV TOMBE UN CHABBAT (13 AOUT 2016) : COMMENT AGIT-ON ?

– Vendredi, avant Chabbat, on apportera à la synagogue les chaussures en toile ou plastique qu’on enfilera samedi soir ainsi que le livre de Kinot (Lamentations) qu’on lira samedi soir.
– Durant Chabbat, toute manifestation publique de deuil sera interdite. Mais on s’abstiendra de relations conjugales vendredi et samedi soir.
– Chabbat matin, on se rendra quitte de toutes les études habituelles (Houmach, Tehilim, Tanya, étude des lois du Temple et Rambam) si possible avant ‘Hatsot (le milieu de la journée : 13h 57 à Paris). Sinon, on pourra le faire dans l’après-midi. On organisera un Siyoum (fête de fin d’étude d’un traité talmudique) comme d’usage durant les Neuf Jours.
– Chabbat après-midi, on priera Min’ha plus tôt que d’habitude (sans la prière de Tsidkate’ha) de façon à permettre aux fidèles de prendre un dernier repas normal (avec éventuellement la prière du Zimoun si trois hommes prennent part au repas) avant le début du jeûne.
– A la sortie de Chabbat, après avoir récité le passage Bare’hou de la prière du soir, on enlève les chaussures en cuir et on enfile celles de toile ou de plastique. Après la Amida, on s’assied sur des chaises basses comme les endeuillés pour lire E’ha, les Lamentations de Jérémie. Après cette lecture, on ne récite pas Vihi Noam mais on lit Véata Kadoch et Aleïnou Lechabéa’h.
On ne se souhaite pas Chavoua Tov (bonne semaine). On ne récite pas la Havdala mais seulement la bénédiction Boré Meoré Haèch sur la bougie traditionnelle.
– Dimanche matin, on ne se lave rituellement que les doigts. On ne prononce ni la bénédiction Chéassa Li Kol Tsorki ni la prière de Ta’hanoun (supplication). On ne s’assied que sur des chaises basses. On ne met ni le Talit ni les Téfilines jusqu’à l’après-midi. On récite toutes les Kinot (lamentations écrites au fil des siècles pour rappeler les persécutions) et E’ha. On ne se salue pas ; si quelqu’un nous salue, on répond poliment mais à voix basse. On n’étudie que les passages permis les jours de deuil.
– Dimanche après-midi, on peut s’asseoir sur des chaises normales. On participe à un Siyoum du traité Moèd Katane qui traite des lois du deuil. On récite les Tehilim (Psaumes) quotidiens ainsi que les études habituelles (‘Houmach, Tanya, Lois du Temple, Rambam) et les prières Chir Chel Yom et Ene Kélokénou. On donne à la Tsedaka la valeur des repas qu’on n’a pas pris pendant le 9 Av (si possible une somme équivalente à trois fois 18 – centimes, euros, dizaines d’euros…). On récite la prière de Min’ha avec le Talit et les Téfilines de Rachi : on ajoute les passages Na’hem et Anénou. Après Min’ha, on met les Téfilines de Rabbénou Tam et on récite les 6 Souvenirs.
– S’abstenir de manger et boire n’est que l’élément extérieur de cette journée qui est surtout un jour propice ; D.ieu est plus accessible et désire nos prières et notre repentir. Les Sages expliquent : « Chaque génération durant laquelle le Temple n’a pas été reconstruit est à considérer comme s’il avait été détruit durant cette génération ». En dehors de la tristesse, le 9 Av est un jour qui nous donne la possibilité de réparer les causes de la destruction – essentiellement la haine gratuite – afin que notre long exil s’achève enfin et que nous puissions accueillir le Machia’h, maintenant !
– A la fin du jeûne (21h 50 à Paris), on remet les chaussures en cuir ; on se lave les mains rituellement sans bénédiction ainsi que le visage. On se rince la bouche. Après la prière de Maariv, on récite la Havdala (Hiné Kel Yechouati, Boré Pri Haguafène, Hamavdil Bène Kodèch Le’hol) sur un verre de vin mais sans bougie ni épices odorantes. On procède à la prière de Kiddouch Levana (en regardant la lune en phase ascendante).
– On peut manger de la viande, boire du vin, laver le linge et se couper les cheveux dès le dimanche soir puisqu’on est déjà le 11 Av.
– On continue d’organiser des Siyoumim jusqu’au vendredi 15 Av
(19 aout 2016) qui est un jour joyeux, propice aux mariages.

9 AV, la douleur et la promesse
Ticha bé Av, le 9Av, cette date résonne douloureusement dans la mémoire juive. Le 9 Av de l’an 70, le second Temple a été détruit marquant le début de l’exil dans lequel nous nous trouvons encore, un exil d’abord spirituel. Avec la destruction du Temple le monde s’est comme assombri, il a connu une vertigineuse chute.

D’autres évènements tragiques sont survenus un 9 Av. Le premier d’entre eux est rapporté par la Torah elle-même (Nombres 14, 1-5) : ayant entendu le rapport défavorable des dix explorateurs envoyés reconnaître le pays, le peuple se rebella, refusant de faire route vers la Terre promise. Ainsi commença une errance de 40 ans dans le désert, jusqu’à l’extinction de la génération pécheresse.
C’est un 9 Av aussi que le Premier Temple fut détruit par les Babyloniens dirigés par Nabuchodonosor.
C’est encore un 9 Av que, 65 ans après la destruction du Second Temple, fut écrasée la dernière résistance juive avec la chute de la forteresse de Bethar. Et c’est un 9 Av toujours que furent labourées les ruines de Jérusalem et du Temple.
A une époque plus contemporaine, nombreux sont les malheurs associés à ce jour. Ainsi de la terrible expulsion des juifs d’Angleterre en 1290 ou de celle, plus effroyable encore, de la grande communauté juive d’Espagne en 1492. On relèvera encore que c’est un 9 Av qu’a éclaté la première guerre mondiale en laquelle les historiens voient une matrice essentielle de la seconde.

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