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Bolloré et l’Afrique

A l’heure où un certain afro-pessimisme est de retour dans un contexte de chute des cours du pétrole et de plusieurs autres matières premières, l’homme d’affaires français Vincent Bolloré demeure ouvertement afro-optimiste. L’industriel breton, très présent dans les secteurs de la logistique, du transport, de l’électricité, de l’agriculture et des médias en Afrique, a estimé dans un entretien publié le 13 janvier par l’hebdomadaire Challenges que rien n’arrêtera le développement du continent.

« Depuis des décennies, des observateurs vous expliquent que l’Afrique est perdue. Il y a 18 mois, avec l’épidémie Ebola, elle devait s’effondrer. Aujourd’hui, l’épidémie est terminée et plus personne n’en parle. Alors, c’est le cours du pétrole qui leur fait peur ; demain, ce sera peut-être une invasion de sauterelles… ! Rien n’arrêtera le développement de ce continent », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « Grâce à Internet, les habitants du continent peuvent mieux apprendre, se soigner et avec le développement du solaire, ils vont avoir de l’énergie électrique ».

Vincent Bolloré a, d’autre part, confié au journal français qu’il a renoncé à introduire en Bourse son projet de boucle ferroviaire ouest-africaine, dont le coût est estimé à 3 milliards d’euros.

« Il n’y a pas de projet d’introduction en Bourse. En Assemblée générale, j’avais évoqué cette possibilité. Mais je n’ai pas lancé le processus. Nous finançons sur nos fonds propres », a-t-il souligné, indiquant que « le groupe Bolloré est capable de financer seul ce projet grâce à son actionnariat familial, qui le protège du diktat des marchés boursiers ».

Connu sous l’appellation de Blueline, le projet de boucle ferroviaire ouest-africaine consiste à construire ou à rénover 3000 km de chemins de fer traversant cinq pays : la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin et le Togo. Entamé en 2013, ce projet doit être achevé d’ici huit ans. Dans le cadre de ce projet, le groupe Bolloré prévoit de rénover des lignes existantes et d’en construire des nouvelles, en particulier entre le Niger et le Burkina Faso et entre le Niger et le Bénin.

L’annulation de l’introduction en Bourse de ce projet ferroviaire, qui était prévue au printemps 2016, est essentiellement imputable aux procédures judiciaires lancées par des proches de l’ex Premier ministre français Michel Rocard et par l’homme d’affaires béninois Samuel Dossou, qui affirment avoir des droits accordés par les Etats concernés par le projet.

Dans ce cadre, M. Bolloré a précisé qu’il n’allait pas négocier avec les plaignants. « Nous ne discutons qu’avec les Etats qui nous ont accordé la concession. Et s’il y a des réclamations, c’est avec les Etats que cela doit se régler », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Un projet d’une telle ampleur, dans des zones pas toujours très sûres, rencontre forcément des obstacles. Il ne faut pas croire que cela va se passer sans anicroche ».

Vincent Bolloré a aussi mis en doute la capacité de ses adversaires à financer le projet de boucle ferroviaire. « Si nous avons décidé d’investir près de 3 milliards, c’est parce que nous croyons à l’Afrique. Nous avons foi dans ce continent où nous sommes présents depuis plus de cinquante ans. Et nous sommes les seuls à vouloir financer cette boucle. Il y a beaucoup de rêveurs mais qui ne sont pas prêts à apporter les fonds nécessaires », a-t-il martelé. 

Le patron du groupe Bolloré a, par ailleurs, récusé les critiques selon lesquelles il jouit d’une position dominante dans plusieurs secteurs en Afrique. « C’est une blague ! On a été dominant quand on était les seuls à investir. Mais aujourd’hui, le monde entier vient en Afrique, Chinois, Indiens, Américains... Et c’est tant mieux. Notre position va se réduire », a-t-il fait remarquer.

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