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La crise des "Migrants"...crise morale ?

L’Europe est une communauté de nations et de cultures vivant sur l’étendue continentale de l’Eurasie de l’Ouest. Son histoire humaine est un continuum de migrations et d’intégrations successives qui ont perduré jusque dans l’histoire moderne.

La France par exemple est un composite de cultures qui vont du Provençal au Breton et l’Alsacien et d’autres cultures qui ont vécu cote a cote au cours d’une histoire qui a pris des siècles a se cristalliser.
Les Francs, qui ont donne leur nom a la France étaient eux
 -mêmes des migrants venus de Hongrie, comme les Visigoths qui s’établirent et prirent le pouvoir en Espagne étaient des Germains, venus par la force des armes pour dominer les Hibero-Berberes qui peuplaient la péninsule ibérique depuis l’antiquité.

Dans chaque pays de l’Europe de l’Ouest, on trouve des populations qui sont le fruit de convergences, de mouvements et de mélanges, entre divers groupes de migrants.
L’ignorance généralisée de ces simples faits historiques, qui font de tous les Européens des descendants de migrants, joue un grand rôle dans l’illusion identitaire restrictive ; ignorance qui tend vers les théories raciales, dont certaines idéologies de masse raffolent. L’extreme-droite européenne est un exemple flagrant du profit qui peut etre tire de cette ignorance. L’histoire lugubre de cette tendance qui, lorsqu’elle fut portee au pouvoir absolu pendant la 2e guerre mondiale, a laisse une cicatrice horrible sur toute la civilisation européenne, démontre que l’ignorance n’est pas qu’une absence, c’est aussi une ombre réelle qui peut peser, diviser et menacer l’humanité pendant des générations.
On a pas besoin de regarder tres loin dans le passe, pour comprendre cela.
Il suffit de connaître un peu l’histoire des Roms, jusqu’aujourd’hui traites comme des sous-humains dans la plupart des pays européens, alors qu’ils sont aussi européens que les autres, sinon d’une histoire qui remonte encore plus haut que celle de beaucoup d’autres "citoyens de souche", dans les pays ou ils sont encore systématiquement persécutes.
Même après leur histoire de victimes de génocide par les fascistes, les Roms sont traites comme indésirables par ces États mêmes qui ont une dette envers cette nation sans pays, pour les avoir traite avec une cruauté inexcusable.
Les Juifs européens sont un exemple évident de ce qui peut être fait au nom de l’ignorance devenue arrogance. Les Juifs européens sont en Europe au moins depuis l’antiquité
 romaine. Cependant, ils ont toujours été considérés comme des étrangers, dans ces pays ou leur présence millénaire est attestée comme étant antécédentes aux Francs, Saxons, et autres qui non seulement réclamaient la domination, mais invoquaient la panique aux migrants pour justifier la persécution des Juifs, qui a éventuellement conduit a la Shoa.

Donc il ne s’agit pas, dans ces discours sur les " migrants " de
définitions identitaires ou historiques, de frontières et de citoyenneté,
mais bien de l’histoire de la haine dans le contexte du discours européen sur l’identit
é.

D’ou vient cette haine ? Pourquoi récoit-elle une telle réceptivité dans le cadre européen ?

Les africains ont leur réponse a cette question.
L’expérience de l’esclavagisme, en tant que méthode de profit, et les discours qui ont été employés pour justifier ce phénomène pathologique, peut nous apprendre a repérer, et facilement reconnaître, la dynamique typique de ce genre de scénario.
Car le pillage, l’exploitation, et la déshumanisation de ceux qui sont exploit
és, utilise toujours un langage, une attitude qui a besoin de supporter la violence faite a l’autre.

Les personnes venues de pays en guerre, qui ont déjà subi la violence, la cruauté, et le dépouillement, sont non seulement des cibles faciles, mais aussi des opportunités, pour ceux qui pensent au profit qui peut être tire du labeur de ceux qui n’ont pas de droit, par ce qu’on les a deja défigurés en tant qu’ êtres humains.
La politique de Leopold au Congo, et celle des fascistes allemands et Italiens, n’
était pas basée sur une croyance de supériorité ethnique, raciale, ou nationale. C’ était tout d’abord une politique basée sur le profit qui peut être fait sur l’abrogation des droits, sur le vol, le travail forcé, et l’esclavage jusqu’au génocide de ceux sur le dos desquels on s’enrichit.

C’est cela, le passe historique du discours qui démonise les migrants.
Il ne faut pas, pour une minute, s’y méprendre.
L’excuse de ceux qui avaient tourne leur dos sur les Roms et les Juifs
pendant la Seconde Guerre Mondiale, 
était de dire qu’ils ne savaient pas.

Mais aujourd’hui, avec les images et les nouvelles constantes sur la TV et la Toile qui nous montrent les massacres, les noyades et les exodes,
quelles excuses peuvent justifier l’attitude de ceux qui parlent de ces victimes de la cruauté organisée, avec dédain, mépris et suspicion, au point de légiférer qu’on leur tire dessus comme le parlement hongrois vient de décider ?
Les conclusions qu’on peut formuler a propos de cette crise, s’étendent depuis les modelés de profits établis sur les plus vulnérables, jusqu’aux modèles de morale et de société. L’Europe, gagnant son unit
é, risque de perdre son humanité.

Ses penseurs ont oublie que la dimension morale est essentielle,
existentielle, que sans cette dimension, le pain que l’on mange au depens du bonheur de l’autre est un poison qui crée une épidémie de dépression.
Le bonheur de soi sans celui de l’autre est non seulement une illusion.
C’est la route garantie vers le malheur de tous. C’est la fondation et l’âme du message Musulman-Judeo-Chretien. Sans cette base de morale, si la domination sur l’autre prend le dessus, la violence retombera sur la tete de ceux qui pensent s’en anesthésier dans le confort identitaire. Ne pas tenter de voir cela dans l’histoire, c’est déjà condamner et invalider la raison de vivre. Ou pour le dire de façon moins prosaïque, c’est une attitude suicidaire. Les enfants des hongrois devront démêler cette histoire de tirer a balles réelles sur des migrants de leur conscience collective. Comme les enfants de la génération de la seconde Guerre ont du extirper le poison génocidaire de l’indiff
érence de leurs esprits.

Chaque fois que nous voyons un Juif Européen, un Rom, un Congolais, un Yazidi, un Syrien, un Assyrien, un Yémenite, ou tout autre qui est contraint de prendre l’exode comme seule réponse a la cruauté et l’indifférence généralisée, n’oublions pas.

Nous sommes tous des Migrants.

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