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La problématique ambassade d’Israël en France..Veronique Chemla

L’ambassade d’Israël en France s’avère problématique en raison d’une communication, classique et digitale, biaisée et carencée, d’un fonctionnement en vase clos, avec des représentants souvent timorés dans leur défense d’Israël, incompétents et pratiquant l’autocongratulation sans raison, ainsi que de ses soutiens à des manifestations "artistiques" ou "pour la paix" partiales, parfois visant à la destruction de l’Etat Juif. Ce qui réduit l’efficacité de son action, et creuse un fossé entre cette ambassade et des organisations françaises Juives. Et ce, dans un contexte, national et international, dramatique : les intérêts de l’Etat d’Israël divergent parfois de ceux des Français Juifs. Cet article est republié en hommage à Meir Rosenne, décédé le 14 avril 2015. Fin bretteur, ardent sioniste, il représentait un modèle d’ambassadeur d’Israël. Au début des années 1980, lors d’une conférence à Sciences Po, il était interrogé par un étudiant sur les liens entre l’Etat d’Israël et l’Afrique du sud de l’apartheid. Impavide, avec ironie, il a rappelé que la France devançait largement l’Etat Juif par l’importance de ses échanges commerciaux avec l’Afrique du sud au régime décrié.

L’ambassade d’Israël en France représente un poste essentiel en Europe : en France, vit la communauté Juive la plus importante numériquement d’Europe, et l’une des plus visées par les agressions antisémites. Là, y ont été assassinés, depuis l’Intifada II : Sébastien Selam (2003), Ilan Halimi (2006), Jonathan, Arye et Gabriel Sandler ainsi que Miriam Monsonego (2012), Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François-Michel Saada (2015).

C’est aussi la France qui a diffusé le 30 septembre 2000 le reportage télévisuel controversé « al Dura ». A l’instar de son ministère de tutelle, l’ambassade d’Israël a souvent préféré le silence et l’inaction à un combat pour faire émerger la vérité.

La France joue un rôle majeur dans la diplomatie de l’Union européenne, et dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Rappelons que la diffamation et la délégitimation de l’Etat d’Israël constituent les principaux carburants de l’antisémitisme contemporain (rapport Rufin), et qu’Abraham Fox, président de l’Anti-Defamation League (ADL) a demandé à l’Etat d’Israël d’aider les Juifs de diaspora à lutter contre l’antisémitisme.

Lors d’une cérémonie au Mémorial de Caen, le 13 février 2011, de remise de la médaille des Justes parmi les Nations, Ziv Nevo-Kulman, conseiller culturel à l’ambassade d’Israël en France, s’est indigné de la diffamation de son Etat par la plaidoirie de Mahmoud Arqan, de « Hébron (Palestine) », récompensée par le 1er Prix du Mémorial et de la Ville de Caen, véritable tribune internationale, le 30 janvier 2011. Il a rappelé l’aide médicale israélienne aux Palestiniens et souligné le danger des allégations mensongères antisémites ayant généré des persécutions des Juifs.

Un « dôme d’acier » juridique

A « l’initiative du Département juridique du ministère israélien des Affaires étrangères, en partenariat avec l’Association France Israël, la section française de l’Association internationale des Juristes Juifs (l’AIJJ), le Rassemblement des avocats Juifs de France (RAJF) et l’Ambassade d Israël » s’est tenu à Paris, le 20 juin 2012, le colloque Israël face aux défis du droit. Deux invités exceptionnels : Danny Ayalon, vice ministre israélien des Affaires étrangères, et Elyakim Rubinstein, juge de la Cour suprême de l’Etat d’Israël.

Buts : « Renforcer les liens et la coopération entre professionnels du droit, et mettre en place des passerelles et des mécanismes de mutualisation sur le long terme ».

Un programme très intéressant abordant notamment les aspects juridiques dans le traitement médiatique d’Israël.

Manque de respect et de politesse : Elad Ratson, directeur de l’information et de communication de cette ambassade, désinvite, la veille au soir de ce colloque, certains inscrits. Sans présenter d’excuse dans un pays qui apprécie la courtoisie. Un spectateur ayant assisté à l’une des premières conférences en France d’Elad Ratson, se souvient que celui-ci parlait alors en "petit-nègre", un français baraguiné à partir de bribes du français entendu lors d’un précédent poste en pays africain. La maitrise de la langue française s’avère pourtant essentielle dans ce poste si stratégique.

Une photographie de ce colloque révèle un public restreint, de l’ordre de quelques dizaines de spectateurs, avocats et médecin. Un peu mince pour constituer ce « Dôme d’acier juridique » souhaité par Danny Ayalon. Ces organisateurs ont donc fait venir des politiciens et juristes de haut niveau pour une vingtaine d’avocats parisiens !? Des juristes français dramatiquement absents des prêtoires français lors des nombreux procès dans l’affaire al-Dura ou les boycotts de produits israéliens.

Pour de happy few - bloggeurs et journalistes de médias français Juifs -, une rencontre est organisée avec Danny Ayalon en présence de Yaron Gamburg, porte-parole de l’ambassade. Danny Ayalon s’est plaint auprès d’eux de la désinformation et a compté sur ses interlocuteurs pour améliorer l’image de son pays. Ces rares bloggeurs et médias Juifs français conviés ne peuvent pallier les failles béantes de la communication du gouvernement israélien ni suppléer ses carences et l’absence d’une stratégie israélienne de communication politique à court et moyen termes.

A l’évidence, les organisateurs de ce colloque n’ont pas anticipé le nombre élevé de candidats, et n’ont pas su/voulu s’adapter à ce succès public par le choix d’un lieu plus spacieux, ni une sélection plus pertinente des spectateurs.

Et, en privilégiant des déjà convaincus et dont on aimerait obtenir des détails sur leur activisme en faveur d’Israël, ils ont privé les journalistes des argumentations juridiques énoncées lors de ce colloque et dont ils ont besoin dans leur activité professionnelle.

Voici quelques années, l’ambassade d’Israël en France organisait des conférences de presse de ministres israéliens au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE) lors de leur passage à Paris. Force est de constater que l’ambassade d’Israël en France a déserté ce lieu prestigieux. Une faute professionnelle que ne commettent pas les ennemis de l’Etat Juif qui y ont multiplié les rencontres avec les journalistes du monde entier. Doit-on alors s’étonner du faible écho de la parole du gouvernement israélien parmi les médias en France, en particulier lors de ces attaques du Hamas contre le Sud d’Israël, et de l’image biaisée et ternie de cet Etat dans l’opinion publique française ?

Enfin, est-il normal que le site Internet de l’ambassade d’Israël en France ne présente aucune page sur les arguments juridiques en faveur de l’Etat Juif ? Sa page "Histoire" contenait trois lignes, et en anglais, sur "Biblical Times" (Ere biblique) et renvoyait vers une autre page en anglais et s’arrêtant à 538 avant l’ère commune ! Quand on sait les problèmes des Français à comprendre une autre langue que le français et les ratés de l’enseignement de l’anglais dans les établissements scolaires français... Résultat : les Internautes vont chercher des arguments ailleurs sur Internet, et notamment sur mon blog.

Lors de l’opération Bordure protectrice, cette ambassade est restée plus d’une semaine sans porte-parole, entre le départ de Yaron Gamburg et l’arrivée de sa successeur. Et rares ont été les interventions dans les médias de diplomates israéliens passifs, face à des adversaires pleins de verve haineuse...Lire la suite : http://www.veroniquechemla.info/2012/06/la-problematique-ambassade-disrael-en.html

Voir en ligne : http://www.veroniquechemla.info/201...

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