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Esclavage : François Hollande a inauguré Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre

François Hollande a inauguré, dimanche 10 mai à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), le Mémorial ACTe ou « centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage »

Traçant le sillon d’une France qui regarde « franchement » son histoire « pour la dépasser sans rien effacer », François Hollande a annoncé que l’Etat apporterait sa « contribution » au « projet emblématique » de « Mémorial ACTe » à Pointe-à-Pitre. Jusqu’alors porté par la région Guadeloupe, fief du ministre des Outre-mer Victorin Lurel, ce musée sera « le centre d’expression sur la traite et l’esclavage le plus important au monde », a assuré le chef de l’Etat. Ce qui permettrait de combler un vide : « La France compte 12 700 musées, mais aucun consacré à l’histoire coloniale ou l’esclavage »,

François Hollande a souligné aussi « l’impossible réparation » des ravages de l’esclavage, « outrage fait par la France à la France », à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Une « impossible réparation ». Mais un devoir de « mémoire, de vigilance, de transmission ». C’est en substance ce qu’a déclaré, hier, François Hollande à l’occasion de la journée nationale des mémoires, de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Mais sans tarder, cette déclaration sur l’impossibilité de « réparer » le passé de la traite négrière - qui a commencé au XVIIe siècle dans les colonies françaises jusqu’à son abolition définitive le 27 avril 1848 sous l’impulsion de l’homme politique philanthrope Victor Schoelcher - ne convient pas à tout le monde.

« Une note à payer » ne suffit pas
« L’impossible réparation » est aussi pour le président de la République une citation qui rend hommage au poète antillais Aimé Césaire, dont on célèbre cette année le centième anniversaire de la naissance. « Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini ? Non, ce ne sera jamais réglé », a dit M. Hollande, en écho à cette figure de la vie martiniquaise, célébrée au Panthéon.

« L’histoire ne s’efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l’objet de transactions au terme d’une comptabilité qui serait en tout point impossible à établir », a ajouté le chef de l’État en présence de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Celle-ci, originaire de Cayenne (Guyane) est à l’origine de la loi de 2001 reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Entre le milieu du XVIIe à la fin du XIXe siècle, la France a déporté plus d’un million d’Africains. Dès lors, la question de l’indemnisation des victimes de l’esclavage reste en suspens Outre-mer. La grève générale qui paralysa les Antilles en 2009 ou à La Réunion à la fin des années 90 a démontré combien ces sociétés demeurent minées par d’inextricables problèmes économiques, sociaux et identitaires. Aujourd’hui, certaines associations conflictualisent la mémoire de l’esclavage en faisant miroiter l’obtention de réparations financières pour chaque descendant d’esclaves ou encore pour le paiement d’une dette qui assurerait, entre autres, l’indépendance des Antilles.

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