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Cimetière du cap vert financé par Mohamed VI


Le cimetière juif de Praia, au Cap-Vert, va bientôt retrouver des couleurs. Un programme de restauration est lancé cette semaine pour permettre la préservation de ce patrimoine de la communauté juive capverdienne.


Rien que de plus naturel, dirait-on. Seulement, comme nous l’apprend le site d’information marocain Bladi, ce programme de rénovation du cimetière juif de Praia se fait grâce à un don du souverain du Maroc, le roi Mohammed VI.


Mais pourquoi cette « générosité » ? Bladi explique que « l’intervention du Maroc dans la rénovation du cimetière fait suite à une série de mesures visant à restaurer le patrimoine juif parmi lesquelles la récente rénovation du musée juif de Casablanca et la réouverture de l’ancienne synagogue de Fès ».


Les liens avec le Cap-Vert, précise Bladi, remontent au XIXe siècle, lorsque de nombreux juifs s’installent dans cet archipel d’un peu plus de 4000 kilomètres carrés, situé à l’ouest de l’Afrique, dans l’océan Atlantique.
Encore une preuve d’amitiés entre le Maroc et les Juifs. Mais ce n’est que dans l’ordre des choses puisque les Juifs sont présents au Maroc depuis toujours.


Des dizaines de descendants de juifs de divers horizons ont convergé au Cap-Vert pour l’inauguration, jeudi, d’un "carré juif" dans un cimetière catholique, réhabilité grâce à un musulman, le roi du Maroc. Au-delà des retrouvailles émues, tout un symbole de tolérance religieuse.
"Sepulturas judaicas. Jewish gravesites" (Tombes juives), peut-on lire sur la plaque dévoilée jeudi dans ce "carré juif", au milieu de sépultures ornées de croix dans le cimetière catholique de Varzea, à Praia, capitale de cet archipel dans l’océan Atlantique, au large du Sénégal.
Il y a là le grand rabbin de la communauté juive de Lisbonne, Eliezer Schai di Martino, un émissaire du roi Mohammed VI du Maroc, Abdallah Boutadghart, le maire de Praia, Ulisses Correia e Silva, des diplomates et une cinquantaine de descendants de juifs du Cap-Vert : des Blancs, des Noirs, des métis, venus d’Amérique, d’Europe, du Maroc. Certains arborent la kippa, d’autres la chéchia, tous sont en belles toilettes.
Le grand rabbin prie pour le repos éternel des morts, arrachant des larmes à certains. Beaucoup disent avoir le sentiment d’une justice enfin rendue à des ancêtres qui ont été persécutés et ont dû leur salut à la fuite, certains s’étant établis au Cap-Vert, ancienne colonie portugaise majoritairement catholique, d’autres ayant continué leur chemin.
Dans la petite foule, composée essentiellement de quinquagénaires et au-delà - on n’y compte pas beaucoup de jeunes -, aucune tristesse n’est perceptible. L’atmosphère tient plus de l’ambiance familiale, faite de retrouvailles et de nouvelles connaissances.
Shepp Wahnon, un Blanc, y a retrouvé son cousin John Wahnon, un métis quarteron presque blanc venu d’Amérique, découvert par hasard il y a quelques années : leurs ancêtres ont tous quitté le Maroc au 18e siècle.
Certains se disent fiers du parcours de descendants de ces ancêtres persécutés, figurant aujourd’hui parmi les familles "très considérées" au Cap-Vert, archipel qui compte aujourd’hui un peu plus de 500.000 habitants sur le territoire et une importante diaspora, 700.000 (essentiellement aux Etats-Unis).
La descendance juive a "donné des personnes de qualité dans beaucoup de domaines et aussi des entrepreneurs qui ont beaucoup contribué au développement du pays", souligne l’un d’eux, l’ex-Premier ministre cap-verdien (1990-2001) Carlos Wahnon Veiga.
Les descendants de juifs du Cap-Vert sont, effectivement, assez influents dans la société cap-verdienne, où ils occupent des positions importantes dans le commerce, les transports maritimes, le monde politique, les professions libérales et les affaires en général, souligne à l’AFP Carol Castiel, journaliste américaine et présidente du projet "Patrimoine juif au Cap-Vert".
"Je veux savoir d’où je viens, qui je suis"
Beaucoup regrettent cependant de ne pas pouvoir pratiquer la religion juive, n’ayant pas reçu d’enseignement et le Cap-Vert ne disposant d’aucune synagogue. De ce fait, de nombreux descendants de juifs du Cap-Vert ne pratiquent aucune religion.
John Wahnon se console en menant partout et en tout temps un travail de recherche généalogique, explique-t-il : "Parce que je veux savoir d’où je viens, qui je suis, pour savoir où je vais, sans mon passé, je n’ai pas d’identité, et je cours le risque de me perdre".
Pour lui, c’était important" d’être à Varzea jeudi, car "se souvenir des morts et leur rendre hommage, c’est faire preuve de respect envers l’être humain", affirme-t-il, précisant avoir élevé ses enfants - aujourd’hui grands - dans le respect de l’identité juive même s’ils sont, eux aussi, des non-pratiquants.
Comme John Wahnon et son cousin Shepp Wahnon, toute la foule rassemblée au cimetière a salué le roi du Maroc pour sa contribution financière à la réhabilitation des sépultures juives. Personne n’a souhaité communiquer le montant.
Qu’un musulman finance la réhabilitation de tombes juives dans un cimetière catholique, dans un pays majoritairement catholique, c’est "magnifique", c’est un geste "extraordinaire de tolérance et de respect", estime Carlos Wahnon Veiga.
Pour Nuno Wahnon, qui vit à Bruxelles et est un des responsables de l’association juive humanitaire "B’Nai B’Rith International" (Les fils de l’Alliance, en hébreu), c’est la reconnaissance de la fidélité des relations vieilles de plus de mille ans entre les juifs marocains et leur patrie.


http://www.darnna.com/


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