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Procédure disciplinaire contre Jean-Marie Le Pen

De noir vêtue et les traits tendus, Marine Le Pen a procédé devant les caméras de TF1, hier soir, à l’exécution politique de son père, fondateur en 1972 du Front national qu’elle préside depuis 2011. C’est la suite logique des échanges de plus en plus musclés entre le père et la fille après les dernières provocations lancées par Jean-Marie Le Pen dans l’hebdomadaire antisémite Rivarol : « J’annonce donc l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre Jean-Marie Le Pen. » Cette instance décidera de sa suspension, voire de son exclusion. Marine Le Pen invite d’ailleurs son père à se retirer de lui-même de la vie publique.
Fine tacticienne, Marine Le Pen a, de toute évidence, senti qu’elle devait agir maintenant pour enlever le boulet paternel. « Les dernières élections départementales ont confirmé que le Front national est un bon parti de premier tour et un mauvais de second tour », constate la politologue française Magali Balent. « Pour que le FN surmonte ce handicap, il devra bénéficier d’un report des voix de la droite encore plus important qu’il ne l’est actuellement. Or, de nombreux sondages indiquent que la figure de Jean-Marie Le Pen dissuade encore de nombreux électeurs UMP de voter pour un candidat frontiste au second tour des élections. » Si Marine Le Pen veut siphonner massivement les suffrages des sympathisants et électeurs UMP, elle doit donc éjecter son père.
Sa guerre ouverte avec la fondateur du FN lui offre également une autre opportunité, à savoir la mise au pas de sa nièce, la députée Marion Maréchal-Le Pen qui campe sur les mêmes terres idéologiques que Jean-Marie Le Pen, son grand-père. La petite dernière du clan a dû se démarquer des déclarations de son aïeul et se plier à la logique des partis d’extrême-droite : un seul chef domine. Pour l’instant, c’est Marine Le Pen qui tient le couteau par le manche. D’autant plus que Jean-Marie Le Pen n’aura pas l’investiture du FN pour les élections régionales de décembre prochain et que la liste frontiste en Provence-Alpes-Côte d’Azur pourrait être conduite par… Marion Maréchal-Le Pen avec le soutien de tante Marine.
Pour porter son estocade, la patronne du Front national a sans doute dû aplanir un obstacle de taille : le financement du parti. Jean-Marie Le Pen tient en ses seules mains, la Cotelec (remplacée depuis 2014 par la Promelec), microparti qui a prêté plus de quatre millions d’euros au FN en 2013. Mais de son côté, Marine Le Pen a créé son propre microparti nommé Jeanne qui a engrangé en 2012, pour 9,6 millions d’euros de recettes. Dès lors, tout laisse à supposer que, disposant d’une bonne intendance personnelle, Marine Le Pen peut désormais se passer de la manne paternelle.
Avec tout ça, le vieux va claquer, et là pour le coup elle va contribuer à la chute des révisionnistes et autres pétainistes. Mais si Marine , Louis et Gilbert font figures de gentils, méfiance à Marion et Florian qui sont des purs produits du vieux noenoeil de St Cloud... Comme quoi l’histoire ne s’arrête jamais.

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