English | français

Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Secteur-France > Général > Brooklyn Yiddish : Le réalisateur fait revivre le Yiddish

Brooklyn Yiddish : Le réalisateur fait revivre le Yiddish

Filmer une extrême minorité religieuse dans son quotidien, ses soucis, ses préoccupations, voilà le défi que s’est donné le réalisateur de Brooklyn Yiddish : Joshua Z. Weinstein. Fasciné par ce petit microcosme juif ultra orthodoxe, qui vivait juste en bas de chez lui à Brooklyn, ce dernier a décidé de nous présenter ce monde méconnu à la manière d’un documentaire.
Plongée dans le quotidien de la communauté ultra orthodoxe
En plein cœur du quartier de Borough Park à Brooklyn, ce long métrage de 1h20 nous fait découvrir le quotidien de la communauté Hassidim. La trame se déroule autour de Menashé qui travaille dans une épicerie, se battant pour joindre les deux bouts et menant une vie modeste et solitaire depuis la mort de sa femme Leah. Il souhaite alors récupérer la garde de son fils Ruben mais la tradition hassidique lui interdit avant qu’il ne se remarie. Le combat d’un père seul, souhaitant élever son fils dans l’amour paternel et se battant contre une tradition ancestrale et sa communauté mené prodigieusement par l’acteur principal Menashé Lustig. Un film qui va bien au-delà du simple reportage. Inspiré de sa propre vie, le jeu de l’acteur semble dépasser la fiction et apparaît comme un miroir de sa réalité. Si le réalisateur a choisi de s’effacer complètement pour laisser les acteurs jouer avec leur cœur, c’est sans doute pour que le spectateur s’immisce totalement dans la vie des personnages. Néanmoins, ce film va bien au-delà du simple reportage puisqu’il dépeint une réalité tragique et invite à la réflexion. Menashé apparaît alors comme le trublion de sa communauté prêt à prouver qu’il peut élever son fils seul. Une action complètement interdite par cette dernière qui place la loi hassidique au dessus de celle des hommes. Si ce personnage semble attachant, le film questionne véritablement la place de l’individu au profit du groupe religieux, puisque le lièvre arbitre est complètement éclipsé. Par ailleurs, malgré le peu de place accordée à la femme dans ces communautés, elle reste et demeure néanmoins le prétexte essentiel pour le bon développement d’un enfant. Brooklyn Yiddish nous dévoile ainsi une série de paradoxe, et semble remettre en question la véritable finalité de ce rigorisme. Le retour du cinéma yiddish américain. Bien que ce film manque de rythme et d’actions, il reste néanmoins une réelle prouesse puisque ce dernier n’est tourné uniquement qu’en yiddish, un dialecte mêlant allemand et hébreux parlé par la communauté juive dans les années 30 et que l’on pensait disparu. Le réalisateur fait revivre ici cette langue peu usitée au sein de la communautés outre atlantique. Plus qu’une fiction réaliste, ce film apparaît subitement comme le garant mémoriel et testamentaire d’une communauté si effacée et en marge de la société actuelle.
https://vimeo.com/230606278

SPIP 3.0.16 [21266] | Squelette BeeSpip v.3.1.0