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Les Juifs Arabes (3). Abraham Habib


Des premiers poèmes connus en langue arabe, ceux écrits par des membres de la communauté juive, furent habituellement des Qaseidat, une versification composée pour commémorer des événements historiques, publics ou familiaux. De ceux-ci, le texte le plus ancien qui nous soit parvenu, date de l’époque de la fin du Talmud, au 5e Siècle de l’ère commune. Ecrit par une poétesse juive de Médine nommée Sarah, ce texte déplore le massacre d’un certain nombre de juifs d’Arabie par un chef arabe païen. L’événement est mentionné dans d’autres versets d’un poète inconnu. Au milieu du sixième siècle, pendant la période des Savoraim, on rencontre, dans l’Arabie du Nord, Samwal (Samuel) ibn ’Adiya. Ses versets se trouvent dans les compilation les plus remarquables de la poésie arabe ancienne. À la naissance de l’Islam, il y avait à Médina des poètes juifs arabes, celebres dans toute l’Arabie. Parmi les plus connus, Al-Rabi ibn Abi al-Ḥuḳaiḳ, Ka’ab ibn Asad, la poétesse Asmà, Ka’ab ibn al-Ashraf, Al-Sammak, Aus de Kuraiza, Abu al-Diyal, Shuraih, Jabal ibn Jawal, et Marhab de Khaibar. Un des compagnons de Mohammed, le converti Al-Ḥusain, qui a pris le nom Abd Allah ibn Salam, a écrit des recueils et des légendes sacrées tirées de sources juives, fournissant ainsi les premiers éléments de la « Ḥadith » (tradition musulmane). Il a été suivi par Yamin ibn Yamin (Benjamin), Ka’ab ibn Ahbar et Wahb ibn Munabbikh (les deux derniers venant du Yémen), qui se sont convertis.
Les Kara’ites.
Entièrement écrite en langue arabe, la littérature Kara’ite a connu une période de reconnaissance pour l’ensemble de la communauté juive aux alentours du 10e siècle. Les Kara’ites etaient probablement les héritiers des
Saducéens, les Tzeddokim, qui ne croyaient qu’en la Torah écrite, et non aux traditions rabbiniques du Talmud et de la Mishna. Ils étaient nombreux et tres puissants en Arabie a l’époque de la naissance de l’Islam. Plus tard, leur polémique et opposition contre Saadia Gaon, le grand Maître de l’héritage Talmudique, ainsi que la proximité des Kara’ites a la cour royale de l’Exiliarque, le Reish Galuta, conduisit Saadia Gaon a se réfugier en Egypte. Parmi les écrivains Kara’ites de cette epoque il faut mentionner Sulaiman ibn Ruhaim, auteur de commentaires sur les Livres bibliques des Psaumes, Lamentations, et l’Ecclésiaste. Aussi, Yusuf Ḳirḳisani, qui ecrivit "Kitab al-Anwar we al-Manaḳib", une introduction à son commentaire sur les 5 livres de la Torah. Le plus connu de tous, fut cependant Yefeth ibn ’Ali ha-Levi (Ḥasan al-Baṣri), Auteur du "Sefer ha-Miẓwot" (a ne pas confondre avec l’ouvrage de Maiminide du même nom), Yefeth Ibn Ali ha-Levi a aussi écrit des commentaires sur tous les livres bibliques, et développa l’étude de la linguistique hébraïque plus que tous ses contemporains. Son fils Levi (Abu Saïd) a commenté la Torah et le Livre de Josué, et a composé un compendium du "Agron" (dictionnaire) de David ben Abraham de Fès. David b. Boaz (993) a écrit des commentaires sur la Torah et sur l’Ecclésiaste, et aussi un "Kitab al-Uṣul", Livre des Racines.

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