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Exposition "Trésors de l’islam en Afrique". Par Paul Fenton


A l’exposition "Trésors de l’islam en Afrique", en cours actuellement à l’Institut du Monde Arabe à Paris, on peut voir un tableau émouvant par Eduardo Saidi Tingatinga (193-1972), qui exprime dans une simplicité naïve l’horreur de la traite des Noirs pratiquée par les Arabes en Afrique pendant des siècles et qui est revenue à l’actualité par les crimes perpétrés par les islamistes de Boko Haram. 0n peut y voir aussi parmi les autres "Trésors de l’islam en Afrique" un manuscrit de Mohammed al-Maghili, l’horrible prédicateur anti-sémite dont le "Traité contre les Juifs" a été traduit dans l’Exil au Maghreb (doc. A 10). Les deux thèmes sont liés !


En effet, dans la notice qui accompagne le ms, on lit :


"Un témoignage rapporte une résistance des peuples mossis (peuple
d’Afrique de l’Ouest établi au centre du Burkina Faso) au jihad de
l’empereur du Songhai [Tombouctou] ’Askia Mohammed, proclamé en 1498.
Son jihad fut inspiré par le réformiste al-Maghili (m. vers 1505),
comme l’est également celui du fondateur actuel de Boko Haram."


Cette description concise et énigmatique pour le non-initié fait
allusion au rôle capital joué par cet islamiste avant la lettre, vénéré
comme saint en Algérie, dans le massacre et l’esclavage des peuples
noirs dans le processus de leur islamisation forcée. Cinq siècles plus tard, sa doctrine fanatique fait encore autorité et justifie les crimes contre l’humanité que nous observons de nos jours au Soudan et ailleurs en Afrique noire.


Chaque fois que l’on intervient pour déplorer les excès de Boko Haram,il me semble important désormais de souligner combien sont entremêles dans la doctrine inspiratrice de ce jihad racisme arabe et anti-sémitisme.


Cinq siècles plus tard, encore de nos jours les descendants des Juifs
de Temantit, fixés naguère à Colomb-Béchar (Algérie), évoquent à la fin de la Haggadah de Pâques le retour à Temantit, "Jérusalem des sables".


Paul Fenton


"L’affaire [lire : massacre PF] des Israélites du Touat n’est qu’un fait
divers"



EXTRAIT D’UN REPORTAGE SUR l’Avant première du film de Larbi Lakehal sur les traces du Cheïkh Mohamed Ben Abdelkrim El Maghili. Le cinéaste algérien très en vue Larbi Lakehal considère qu’al-Maghili est un grand humaniste : "Je n’ai pas la prétention d’être un historien, dit-il, mais je crois que, dans l’Algérie d’aujourd’hui, l’image est le meilleur moyen de raconter notre histoire".


VU DANS LA PRESSE ALGERIENNE


 "El Maghili, un précurseur de la qadiriya, un pionnier de la bonne
gouvernance"


Par Allal Bekkaï


Le film sur le parcours du charismatique missionnaire « Cheikh
Abdelkrim El-Maghili Ettilimçani » interprété en « tandem » par Abdenour Chellouch et Hocine Salah a attiré la grande foule mercredi dernier à la maison de la culture Abdelkader Alloua. La projection en avant première du documentaire fiction(85 mn) s’est déroulée en présence de son réalisateur (de [Colomb-]Béchar)[quelle ironie du sort ! PF] qui est enmême temps le scénariste(ISP Com étant le producteur exécutif), de l’équipe de tournage, du responsable du département cinéma ainsi que la presse. Cette œuvre cinématographique, illustrée par une musique deGuloum Youcef, vise à faire connaître cette illustre personnalité qui a
contribué grandement au rayonnement de l’Islam à travers les pays du Sahel. Cheikh Abdelkrim El-Maghili Ettilmçani est né à Tlemcen en 1425
(...).Il fut l’un des grands érudits du monde musulman (...). Fervent
défenseur de l’Islam, il s’installa dans la région du Touat où il a pris
une part très importante dans l’enseignement et la vulgarisation des
préceptes de l’Islam au sein des populations des pays du Sahel,
notamment au Mali. L’Askia Mohammed El Kebir le fit venir entre 1497 et 1502 dans son empire du Songhaï(Tombouctou) et lui posa par écrit un certain nombre de questions concernant les problèmes urgents selon le rite malekite. (...).
 Son séjour à Tamentit(Gourara) fut marqué par l’épisode dit des Juifs du Touat « Ahl dimma ». La transgression dudit statut leur valut une répression [lire : ’massacre’ PF] de la part du Cheïkh qui eut au préalable le soutien épistolaire juridique(fetwa) des deux Cheïkhs Senouci et Tennesy mais qui se heurta à une vive opposition du cadi du Touat El Asnouni. Les Juifs du Touat(100.000 âmes) formaient une diaspora (autochtones touatis et émigrés andalous) puissante sur le plan économique (300 orfèvres et 365 ateliers de produits usuels divers), outre le contrôle des caravanes de la route du sel.
(...). "le 5è centenaire de la mort du Cheïkh avait été célébré en 2003 par le collectif Senouci sous la houlette du Pr Mohammed Baghli, chercheur en legs universel, (...) avant de souligner que l’affaire des Israélites du Touat n’est qu’un fait divers, présumé anti-sémite, visant à occulter la densité de la vie et l’œuvre de El Maghili.

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