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Manger ou ne pas manger du riz à Pessah


On pourrait l’appeler " la controverse de Pessah ", celle qui sépare les Ashkenazims des Sephardims, et qui provoque la zizanie dans les familles " mixtes "qui célèbrent ensemble le Seder.
Au sens propre, les " kitniyots "sont des graines de la famille des légumineuses. Elles comprennent le riz, les haricots, le maïs, le millet, le soja, les pois et le sarrazin.
Les Sépharades
Une coutume qui fait beaucoup de jaloux : Les Tunes ont le droit ancestral de manger du riz pendant Pessah et ne s’en privent pas d’ailleurs.
L’origine de cette coutume n’est pas tres claire mais plusieurs recits font état d’une très dure famine qui régna en Tunisie et qui fit des ravages dans la population.
Un jour, à la veille de Pessah qui s’annonçait très dur, une énorme caravane chargée de riz fit son entrée a Tunis. Les autorités rabbiniques s’empressèrent de déclarer l’arrivée de ce riz tout bonnement miraculeuse et autorisèrent sa consommation. Et comme toute coutume ou minagh, qui est instauré fait force de loi, les tunisiens débordent de créativité concernant les plats accompagnés de riz.
En revanche, les Marocains et une partie des Algeriens ne consomment traditionnellement pas de riz a Pessah.
Selon le Talmud
Selon le Talmud certains sages mettaient a leur table du riz le soir du seder. On trouve dans le Talmud une opinion minoritaire énonçant que le riz peut être considéré comme du Hametz, mais la Halacha a tranché différemment. Dans le Choulhan Arouh, il est ecrit clairement qu’il est permis de consommer du riz a Pessah .


En Israel, la plupart des communautes sepharades consomment du riz a Pessah.


Seule la Halacha est contraignante pour tous les Juifs.


Jusqu’à la conquête de Babylone par les Musulmans au milieu du 7ème siècle, il n’y avait qu’une seule autorité centrale en matière de Halacha. Ensuite les différentes communautés ont élaboré, chacune, des réponses et des coutumes différentes.


Les Ashkénazes


" L’interdit pour les Ashkenazims porte sur les graines et la plupart des légumes à partir desquels on peut fabriquer de la farine, à l’exception des pommes de terre " selon Rabbin Moshé Dombey qui enseigne la Halacha au séminaire pour femmes de Neveh Yerushalaïm.


 


La Halacha interdit aux Juifs de consommer du Hametz pendant Pessah. Toujours d’après la Halacha, le Hametz peut provenir de 5 graines : le blé, le seigle, l’avoine, l’orge et l’épeautre.
Les kitniyots ne sont pas du hametz. Maïmonide écrit qu’ "il n’y a pas de Hametz dans les kitnyiots ", et donc " même si le riz était réduit en farine susceptible de gonfler comme une pâte levée, on peut le consommer car ce n’est pas du Hametz ".
" L’interdiction de consommer des kitniyots est un minhag ashkénaze " explique le rabbin Dombey. Un minhag, c’est une coutume. Différentes coutumes se sont développées dans différentes communautés et ne sont contraignantes que pour ces communautés.
D’après le rabbin Shlomo Yosef Zevin dans son ouvrage " Moadim Behalacha ", la première occurence dans la littérature halachique de l’interdit des kitniyots pendant Pessah apparaît dans un livre du 13ème siècle, " Sefer Mitsvot Katan ", du rabbin ashkenaze Yitzhak Ben-Yosef de Corbeil. Rabbi Yitzhak fait référence à cet interdit non comme étant une coutume récente, mais comme un usage établi par " les sages d’une époque plus ancienne " indiquant donc ainsi que cet interdit était déjà bien implanté à son époque.
L’origine exacte de cet interdit pour les Ashkenazims de consommer des kitniyots pendant Pessah est obscure et on y trouve au moins 11 explications différentes. La plus communément admise relie cet usage au début du développement de l’ agriculture " moderne " qui se situe en France et en Allemagne au 13ème siècle.
Explications diverses sur l’interdit de manger du riz chez les Ashkénazims
Dans ces deux pays, où les pluies d’été sont abondantes et les hivers pas trop rigoureux, il est possible de faire deux récoltes, une d’été et une d’hiver. Tel n’est pas le cas dans les régions méditerranéennes où les pluies d’été sont inexistantes. Par conséquent, en France et en Allemagne, le cycle des récoltes est passé d’une rotation des récoltes sur deux ans à une rotation sur trois ans. : la 1ère année, une récolte d’hiver, la 2ème année, une récolte d’été, et la 3ème année, une jachère.
A peu près à la même époque, les légumineuses (famille à laquelle ces fameuses " graines " appartiennent) ont commencé à jouer un rôle important dans ce système de rotation sur 3 ans. Leur haute teneur en azote leur permettait de servir d’engrais naturel pour fertiliser les champs épuisés en azote par la culture des céréales. Après la moisson, des épis restaient à la surface des champs. Certains pouvaient reprendre racine. Si, une année, on plantait du blé et l’année suivante des haricots, il était possible que des épis de blé soient récoltés en même temps que les haricots et s’y trouvent mélangés.

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